Métier? élagueur de cocotiers!

En cette période d’ouverture de la chasse à la palombe, où l’on accroche les appeaux en haut des pins, il me semblait qu’une brève sur ce thème était de mise.

Rien de très approfondi, juste des images pour vous présenter ce métier nécessaire à la sécurité des tahitiens et pour cause: chaque année, sur terre, il y a plus de morts dues aux chutes de noix de coco qu’à des attaques de requins (*source: ma riche vie intérieure).

Le matériel est d’ailleurs semblable à celui de nos paloumayres landais:

DSC_0043Les élagueurs grimpent, grimpent, grimpent. Je pense ne pas trop me tromper si je vous dis qu’ils vont jusqu’à 20 mètres de haut, 30 peut-être. Là-haut ça balance et il ne faut pas avoir le vertige pour donner de la machette avec vigueur à cette altitude!

P1100454Mieux vaut ne pas se trouver en-dessous, les chutes de palmes étant aussi dangereuses que celles des cocos!

OLYMPUS DIGITAL CAMERAEt monsieur descend en moins de deux, agile comme un singe! Souvent, ce métier est jalousement gardé dans un cercle familial et transmis de père en fils. De toute manière, le grimpé au cocotier -à mains nues et sans protection, évidemment- est déjà en soi une tradition océanienne, à laquelle je consacrerai un article tellement j’en ai été impressionnée!

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Promenade derrière les jardins de Vaipahi

Je sais, ça fait mille ans que je suis rentrée et j’ai lâchement abandonné mes blogs. Faut dire que ça prend du temps d’être au chômage: déjeuners/apéros avec les copines, sport (un peu), week-end chez les parents, le tout saupoudré d’envois de CV!

Je vais essayer de revenir sur la toile, il me reste tant de choses à vous montrer. Reprenons par un article facile: trois copains, une promenade tranquille (en dehors des 200 premiers mètres qui grimpent fort!), un pique-nique à peine dérangé par les moustiques… Fait suffisamment rare pour le préciser.

Au pk 49, derrière les jardins de Vaipahi (cf cet article: https://raphetlouiseatahiti.wordpress.com/2013/04/17/tour-de-lile-les-jardins-de-vaipahi/ ) se trouvent plusieurs promenades du dimanche. Nous, guerriers que nous sommes, avons choisi la « grande » boucle. On l’a pliée en… quoi? deux heures? trois en comptant la pause boustifaille? Je ne sais plus mais les genoux de Priscilla devraient s’en souvenir!

La balade commence par une montée raide raide raide. ça a calmé notre flot de paroles dès le départ! Arrivés en haut, le reste de la balade se fait sur du quasi-plat… et le paysage m’évoque quelque chose de familier, voyez-vous?

P1150814Des pins! Un sol jonché d’aiguilles! Je suis dans les Landes!!

Ce type de végétation se situe surtout au-delà d’une certaine altitude (sûrement celle sur laquelle nous venons de perdre nos poumons et d’éprouver nos mollets). L’endroit est extrêmement calme, si l’on excepte le halètement des fous (pardon, des sportifs) qui nous croisent en petites foulées. ça va, y’en a pas beaucoup.

à un moment je bifurque pour voir ce qui se cache au bout d’un chemin non balisé mais mes copains n’étant pas de profonds aventuriers, je reviens sur les sentiers battus. Pour varier les plaisirs -et le paysage- nous descendons finir la boucle via le fond de vallée. Un bord de ruisseau idéal pour un pique-nique ombragé.

P1150835Le ruisseau en question serpente entre les mapes, ces arbres immenses aux racines qui servaient de percussions comme moyen de communication pour s’informer d’un coin à l’autre de l’île. Ces mêmes arbres donnent aussi de délicieux fruits qui évoquent tant par leur texture que par leur goût nos châtaignes automnales!

P1150836Une vallée tahitienne n’en serait pas une sans ses méandres et cascades…

P1150829… mais également sans ses traditionnels passages cordés (je vous accorde que ceux-là sont du niveau débutant!).

P1150825à la fin de la rando, nous avons choisi de monter de nouveau pour atteindre un point de vue conseillé par une promeneuse. Et nous avons bien fait: malgré le sacrifice de notre deuxième poumon et de nos dernières forces, le jeu en valait la chandelle, un panorama magnifique sur le lagon et la presqu’île!

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Le marché de Papeete

En centre-ville, tous les jours il y a un petit marché dans les halles municipales. Mais le plus intéressant, c’est d’y aller le dimanche, le jour de « gros » marché: des prix moins élevés, plus de choix dans les produits et une bonne ambiance. Bon, le dimanche, c’est aussi le seul jour où l’on peut dormir car souvent le samedi nous avons un truc de prévu. Donc pas question d’aller au marché aux aurores (il commence à 4h du mat’), on y va plutôt à la fin, vers… 8h quand même!

Dans tous mes voyages, j’adore flâner dans les marchés. C’est coloré, on découvre plein de produits inconnus, de saveurs surprenantes et d’odeurs nouvelles. Autant vous dire qu’à Tahiti, nous avons testé tous les fruits bizarres, toutes les chinoiseries, tous ce qui nous était jusqu’alors étranger. Le marché, c’est toujours une petite exploration.

à Tahiti, on achète les fruits et les légumes au tas ou au paquet, pas à la pièce ni au poids et surtout, on ne monnaye rien, ce n’est pas dans les habitudes des polynésiens. C’est pour cela que le marché nous occupe un moment ; nous faisons un premier tour de repérage, puis souvent un second et ensuite nous allons à droite, à gauche, nous revenons sur nos pas pour trouver ce qui nous semble le plus intéressant. Au bout de quelques semaines, nous avions déjà nos habitudes: là les corossols, ici les bananes, de ce côté les fruits de la passion.

L’intérieur des halles, vu de haut (photo sûrement prise en semaine car cela me paraît bien calme):

OLYMPUS DIGITAL CAMERATout y est rangé bien droit, sur des étals proprets, ornés de tissus à fleurs

DSC_0483Pour des raisons évidentes d’hygiène, c’est aussi là qu’on trouve les poissons, jamais dehors. Les poissons de lagon ou de pleine mer sont multicolores, délicieux et à des prix tout à fait abordables (ce sont bien les seuls!). En dix mois, j’ai fait une cure de poisson!

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Mais le brouhaha, l’effervescence, le sympathique désordre c’est dehors!

Sur cet étal, on voit, en partant du bas, des patates normales (rares et chères), des patates douces, du gros radis noir, des bananes fe’i, des ramboutans (sortes de litchis avec des poils), de la potta (un cousin de l’épinard) puis des aubergines et des navets.

DSC_0548Une forme particulière pour un goût tout simple que j’adore: les haricots ailés:

DSC_0595Encore des ramboutans (ce devait être la saison à ce moment), du chou chinois, des citrons des Marquises (les meilleurs du monde selon… les Marquisiens!) et une grosse papaye encore verte:

DSC_0544Des bananes de toutes les sortes, à manger crues ou cuites (les orangées, les fameuses fe’i des montagnes dont le régime pousse droit vers le ciel), des très sucrées et des plus douces, des mûres pour la confiture et des vertes pour la cuisine:

DSC_0575Nous résistons rarement aux douceurs d’une petite chinoiserie (la communauté chinoise est très présente à Tahiti, je crois qu’elle représente presque 10% de la population)

OLYMPUS DIGITAL CAMERAEt pour finir le tour de marché, rien ne vaut un petit verre de jus de canne à sucre, écrasée par cette machine et servie en direct!

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Vallée de la Mateoro (à Papara) avec Aurélia

Mon homme travaillant en semaine, c’est avec une copine infirmière que j’ai fait cette balade. Nous sommes parties gaiement, un jour plein de soleil pour attaquer la vallée de la Mateoro avec au bout, un canyon!

Quand vous découvrirez le canyon en question, ça vous fera bien rire!

Au départ, il faut poser sa voiture le long du cimetière situé derrière la mairie de Papara. On poursuit la route, très abîmée, on passe entre quelques maisons encaissées en fond de vallée, on passe même devant l’atelier dans lequel Raphaël travaille et j’en profite pour lui faire un petit coucou.

Le point de repère de cette rando, c’est le mont Ivirairai qui surplombe le cirque et que nous garderons en ligne de mire en longeant la rivière. Départ assez facile sur un large chemin… qui comme souvent va se transformer en petit sentier à déceler au milieu de la végétation.

P1150584à la première traversée de gué, nous sommes enjouées et nous faisons les malignes. Au bout du dixième, l’excitation du début est retombée et a fait place à la concentration pour ne pas se tordre les pieds sur les cailloux! Là ça va, le courant est plutôt faible mais nous savons qu’à la moindre goutte de pluie, la rivière peut tripler de volume.

P1150592P1150596Nous avançons dans la « jungle » mais pour une fois, le sentier est à peu près tracé. Il y a même des cordes déjà en place sur les endroits un peu délicats. J’adore les passages cordés, ça donne l’impression d’être de grandes exploratrices qui évoluent en milieu hostile, sur des parois abruptes ou au bord de profonds précipices. Et là aussi, quand vous voyez les parois abruptes et les précipices en question, vous vous marrez bien!

P1150652P1150605P1150646Nous avançons pendant deux grosses heures en papotant. Quasiment pas de dénivelé, ça aide pour blablater! Surtout que le soleil est toujours au rendez-vous.

P1150610Nous atteignons un plateau, aménagé d’un refuge et de quelques arbres fruitiers, suivi d’une descente un peu raide (et encore, n’importe qui doit pouvoir y passer)

P1150648Et enfin, le canyon s’offre à nous!! Deux parois de roche parallèles, un gros caillou qui semble être posé là exprès pour installer son pique-nique et un petit bassin limpide qui paraît idéal pour faire trempette… en apparence!

P1150624P1150636Après nous être rempli la panse, nous avons tenté un plouf… de très courte durée tant l’eau était froide!!

P1150630En plus de la température polaire, il faut aussi supporter les chevrettes (nom local pour les crevettes d’eau douce) qui viennent curieusement nous chatouiller les pieds!

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Le retour, via le même chemin, fut plus rapide. Comme le ciel commençait à être très gris, nous nous sommes activées, finalement pour pas grand chose car aucune goutte de pluie n’est venue montrer son nez!

Flower power II: les hibiscus

Pas le temps de vous pondre un vrai et bel article en ce dimanche soir (J -3 avant mon départ quand même!) alors je réitère le thème flower power avec des hibiscus. Solution de facilité: ici, il y en a partout, ils sont énormes, magnifiques. J’en vois tous les matins en allant bosser alors c’est sûr, ça fera partie des choses qui vont me manquer dans quelques semaines.

Palette de dégradé allant du rouge passion au rose pâle délicat:

P1150753un hibiscus pompon:

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Journée culturelle au MTI et ahima’a

Il y a un peu plus d’un mois maintenant (je rattrape mon retard comme je peux!), la toute jeune et très investie directrice du Musée de Tahiti et des Îles (je ne suis pas du tout lèche-bottes!) avait inauguré la première Journée Culturelle du musée. Initiative partie d’une idée de Simon, un de mes colocs. Le monde est tout petit à Tahiti.

L’idée de Simon était de mettre en place un ahima’a, un four tahitien en d’autres termes, une technique de cuisson traditionnelle. Là dessus se sont greffées dans ateliers et démonstrations d’art et d’artisanat, les deux étant souvent très liés dans la culture polynésienne.

Pour ce qui est du four, c’est assez sophistiqué: on creuse un immense trou dans la terre, on remplit le fond de braises (je crois, je ne suis plus sûre de la localisation des braises), on y alterne des matelas de feuilles tressées et des aliments enveloppés à l’intérieur d’autres feuilles tressées. On recouvre le tout d’une couverture végétale et de terre et on laisse cuire tout doucement pendant au moins six heures.

P1150052La fermeture du four s’est faite vers 5 heures du matin. Je n’étais pas là. Je me suis contentée d’arriver pour les réjouissances. Une fête en Polynésie étant inconcevable sans musique, c’est le groupe de Tama (à gauche, un collègue de la compta) qui s’est chargé de l’ambiance.

P1150079Durant toute la matinée, les activités se sont succédé dans le grand parc du musée. Ma collègue du secrétariat, Léontine -qui est aussi la témoin de mon concubinage avec Raphaël- a géré l’atelier monoï en exposant au soleil des fleurs de tiare et d’ylang-ylang qui, sous l’effet de la chaleur, dégorgent d’huile.

P1150073Les différents ateliers ont eu pas mal de succès: tressage, taille de pierre, fabrication de charme d’amour marquisien, tatouage (du vrai, en direct!), javelot, visite du musée… Et pour couronner le tout, un spectacle de danse traditionnelle, rythmé et haut en couleurs!

P1150114P1150123Tout ça nous a bien ouvert l’appétit et vers 11h, l’ouverture du four, tant attendue, a eu lieu. Il faut enlever la terre de couverture, dégager toutes les épaisseurs de feuilles qui maintiennent la chaleur, sortir les aliments brûlants… Bref, un truc de bonhomme où l’on se brûle les doigts! Et comme les Polynésiens ne sont pas des chochottes, pas question de mettre des gants!!

P1150035P1150055Puis vient le moment de remplir les gamelles, toujours avec mes collègues: Nathalie qui supervise, Michel et Marama au service!

P1150087Après le repas, Raphaël s’est essayé au décorticage de coco avec un pieu de bois… pas facile facile, il faut allier force et dextérité!

P1150139Mais comme il est super fort, il s’en est bien sorti et j’ai eu droit à mon petit rafraîchissement local!

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Le fond de la vallée de la Fautaua (2ème partie)

Après la pause déjeuner-baignade, nous sommes redescendus jusqu’au petit pont de bois et, au lieu de revenir sur nos pas, nous avons eu envie de tenter le pied de la cascade. Sauf qu’il était déjà 14h passées et nous n’avions aucune idée de la durée de la marche.

Au début ça va, le chemin est encore large et serpente entre les piliers d’une immense cathédrale de verdure.

P1150548Puis le chemin rétrécit et, comme souvent dans les randos tahitiennes, il faut traverser la rivière plusieurs fois. L’eau est toujours aussi limpide… et toujours aussi fraîche!

P1150547P1150536Le long de la rivière n’est pas balisé alors nous devons plusieurs fois revenir sur nos pas. De temps en temps, d’autres promeneurs ont posé des petits cairns pour signifier qu’il est temps de traverser la Fautaua mais ce n’est pas systématique et les aléas climatiques avec grosses pluies et montées des eaux les détruisent souvent. Dans tous les cas, impossible de se perdre, il suffit de remonter le cours de la rivière.

P1150545Au bout d’une grosse heure nous croisons un groupe familial (gros monsieur bedonnant, ados en Converse, madame en paréo…) nous disant qu’il reste au moins trois quarts d’heure de marche. On se dit que ça va, c’est jouable mais nous n’avons plus grand chose à grignoter et le fond de vallée commence à s’assombrir. Quelques passages délicats:

P1150543Nous marchons, nous marchons, nous marchons. Je pense que nous avons perdu pas mal de temps à un moment donné, en suivant un faux sentier qui mène à une impasse végétale et nous fait rebrousser chemin. Au final, nous n’atteindrons jamais le pied de la cascade, nous sentons que si nous restons trop longtemps dans le fond de vallée, le retour à la tombée de la nuit sera difficile. Mais, sirène un jour, sirène toujours, j’avais de nouveau envie de faire un plouf. Raphaël trop frileux s’est contenté de prendre des photos!

P1050899« Hé regarde, mon chéri, y’a plein de mille-pattes sur ce caillou! »

P1050901Je vous laisse avec ces quelques mots de Loti, décrivant la chute d’eau. à votre imagination de faire le reste!

« Nous arrivions au fond de la gorge obscure où le ruisseau de Fataoua, comme une grande gerbe argentée, se précipite de trois cent mètres de haut dans le vide.

Au fond de ce gouffre, c’était un vrai enchantement: Des végétations extravagantes s’enchevêtraient à l’ombre, ruisselantes, trempées par un déluge perpétuel ; le long des parois verticales et noires, s’accrochaient des lianes, des fougères arborescentes, des mousses et des capillaires exquises. L’eau de la cascade, émiettée, pulvérisée par sa chute, arrivait en pluie torrentielle, en masse échevelée et furieuse.

Elle se réunissait ensuite en bouillonnant dans des bassins de roc vif, qu’elle avait mis des siècles à creuser et à polir ; et puis se reformait en ruisseau, et continuait son chemin sous la verdure.

Une fine poussière d’eau était répandue comme un voile sur toute cette nature ; tout en haut apparaissaient le ciel, comme entrevu du fond d’un puits, et la tête des grands mornes à moitié perdus dans des nuages sombres. »

Les vasques de la Fautaua (1ère partie)

La Fautaua -prononcez « fatawa »- c’est la mythique vallée qui accueille l’histoire d’amour de Pierre Loti dans « Le Mariage de Loti« , roman un peu niais sur une trame de fond exotique et coloniale, inspiré de son séjour à Tahiti alors qu’il était sur les traces de son défunt frère. (c’est fou, en une phrase, vous avez appris un paquet de choses!). Les temps ont bien changé: aujourd’hui on paie un droit d’entrée pour avoir accès à la vallée et les jeunes filles qui se prélassaient dans les vasques d’eau claire ont été remplacées par des groupes de polynésiens endurcis!

Au début, le chemin est facile: une petite heure de marche sur du plat, le long d’un large chemin. Regardez, je vais tellement vite que ma jambe est floue!

P1050823Nous arrivons sans encombre (encore heureux, sur un terrain pareil c’eut été de la mauvaise volonté ou de la pure malchance!) au petit pont de bois qui surplombe la première vasque d’eau où les vahines de Loti se prélassaient durant de languissantes heures trop chaudes. Pour le moment, pas de baignade pour nous mais une heure de grimpette.

P1150450P1150453Le premier (et seul) vrai stop se fera sous un immense manguier, là où l’on voit tellement bien la cascade de la Fautaua. Je suis écarlate (trois quarts d’heure que ça monte!) mais nous prenons tout de même LA photo de touriste, devant cette magnifique chute d’eau, classée 28ème mondiale du top 50 des cascades. Son vrombissement résonne dans toute la vallée, on l’entendait depuis un moment!

P1150471Et puis j’vous met quand même la photo sans nous devant pour vous puissiez admirez cette merveille naturelle. Notre objectif n’est plus loin: le haut de la cascade!

P1150514Avant de bifurquer vers les vasques, nous traversons les ruines du fort de la Fachoda dont il ne reste que quelques murs de pierre datant du milieu du 19ème siècle. à l’époque haut lieu de conflit franco-tahitien, le site est désormais abandonné et, en dehors de la végétation envahissante qui reprend ses droits, plus personne n’y prête attention. Les plus fins observateurs auront noté que j’ai le dos imbibé de transpiration, ça va souvent de paire avec les joues carmin.

P1050848Après ce muret, il faut redescendre. Forcément, on n’a fait que monter alors un moment, il fallait bien s’attendre à ça. Comme nous sommes des petits joueurs, nous ne prenons pas les passages cordés, nous gardons ça pour le retour: nous avançons encore un peu plus loin pour ensuite descendre la rivière. Et le but de la balade ne se fait pas attendre: les vasques d’eau limpide, coincées entre deux parois un peu abruptes, surplombant la cascade. Un coin magnifique, poétique.

Voici la première vasque:

P1150493Puis la deuxième, reliée à la précédente par un toboggan naturel testé par Raphaël:

P1050864P1050873Je ne vous cache pas que je ne me suis pas baignée longtemps: l’eau est froide comme un ruisseau de montagne. Je grelottais. Pourtant j’ai eu des encouragements pour y rentrer! Quand nous sommes arrivés sur le site, il y avait une douzaine de personnes: que des hommes, que des Polynésiens. J’ai donc eu droit à « écartez-vous pour laisser passer la sirène ». J’ai aussi fait le petit saut de 4 ou 5 mètres dans la première vasque mais comme c’est moi qui prends les photos, voici plutôt Raphaël (au passage, vous voyez les petites racines qui pendent en face de lui? les gars s’amusaient à les toucher en sautant… et y parvenaient!! Moi, j’ai même pas tenté).

P1050880Pause déjeuner, puis il a fallu reprendre le chemin car nous voulions aussi atteindre le bas de la cascade (objet du prochain article). Et nous sommes remontés par le chemin le plus court: la fameux passage cordé!

P1150502P1050883Dernier point de vue sur la vallée avec le Mont Marau (un peu plus à gauche quand même) plongé dans les nuages.

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Bora-Bora bof bof

Bora, c’est sensé être la perle des îles paradisiaques. Dixit à peu près la terre entière (moins les gens qui sont allés à Maupiti). J’en ai un avis tout autre.

En réalité, ce qui est paradisiaque, c’est quand on peut s’offrir une nuit au Saint Régis ou dans un autre hôtel de luxe, en mode bungalow sur pilotis, isolé sur un motu. Quand on peut se gaver de fruits de mer cuisinés comme dans un trois étoiles Michelin. Quand on peut se payer un bateau privé pour aller boire du champagne au milieu du lagon. Mais quand on est une famille de quatre, on choisit raisonnablement un hôtel de gamme moyenne sur l’île principale, on loue une voiture pour en faire le tour et on se contente d’un masque et d’un tuba pour découvrir le dessous des bungalows sur pilotis!

De plus, Bora-Bora fut la seule île où nous fûmes déçus par l’hôtellerie: unique rencontre avec des gens très moyennement aimables à l’accueil, restauration vraiment pas terrible, coupure d’eau pendant quatre heures sans que nous ayons vu l’ombre d’une bouteille, mauvaise organisation, lacune dans la courtoisie etc. Bref, ça a forcément joué dans notre appréciation générale de l’île. Ajoutez à cela le tangible d’une pollution omniprésente: des carcasses de voitures abandonnées au bord de la route, des ruisseaux gorgés de déchets, bouteilles plastiques, canettes, pas un coin de plage sans son lot de détritus… charmant n’est-ce pas?!

Bora, avec son aéroport construit bien avant celui de Tahiti, a connu une modernisation trop rapide, mal gérée et en paye le tribut aujourd’hui. Elle paye aussi le prix de la crise avec un tourisme mal exploité et la fermeture de plusieurs établissements qui étaient une manne de ressource pour ce petit bout de terre.

Pourtant, le lagon reste superbe -un des plus beaux de la Polynésie- et je n’ai pas envie de vous donner une image trop négative de cette île parce que nous y avons tout de même rencontré des gens accueillants et des coins qui font rêver. Rien que l’image de l’arrivée (l’aéroport est situé sur un motu qu’il faut rejoindre en bateau) est évocante:

P1100782Si le personnel de l’hôtel n’a pas été des plus agréable, nous avons tout de même eu droit aux traditionnels collier de fleurs et cocktail de bienvenue (regardez bien cette image, Jean est en train de m’embêter alors j’aimerai bien qu’on arrête de dire que j’ai traumatisé ce petit!).

OLYMPUS DIGITAL CAMERALe tour de l’île est toujours sur le même schéma: une route unique en bord de lagon, qui fait contourne le volcan endormi, bordée de fleurs, de verdure, de petits fares en bois, d’églises colorées et de vendeurs de poissons fraîchement pêchés!

P1100816P1100783P1100823J’vous fait un zoom sur leurs belles têtes multicolores:

P1100824Et en plongeant non loin du restaurant de l’hôtel, je suis tombée sur le garde-manger. Vous reconnaissez? Ce sont des bénitiers! (et toujours les chaussures plastiques indispensables à ce type d’expédition, regardez le bord bas de l’image)

IMGP0265IMGP0266Ceci sera le seul article que je posterai sur Bora. pas envie de m’étendre sur cette île qui fut loin d’être un coup de coeur et j’ai tellement d’autres choses à vous montrer!

Ascension du Mont Marau

L’ascension du Mont Marau, on l’a presque faite par hasard. Au départ, nous voulions faire le sentier des mille sources: 12 km sur un large chemin de crête, sans trop de dénivelé. Puis arrivés à Mahina, de l’autre côté de l’île, il pleuvait des cordes et soufflait un vent à décorner les boeufs. Nous sommes restés raisonnables et avons fait demi-tour.

Sauf que, les piques-niques n’avaient pas été préparés pour rien et je n’avais pas mis mon réveil à 6h30 un dimanche pour des clopinettes. Il fallait bien trouver un plan B mais à Tahiti, une randonnée ça ne s’improvise pas. Le seul endroit dont je me rappelais vaguement l’accès était le Mont Marau et sa piste entièrement carrossable en 4×4 et pour cause, au bout on trouve des antennes militaires et de télécommunication. Je me suis dit que ça serait toujours plus facile à trouver qu’un sentier dans un fond de vallée.

Nous voilà donc à grimper sur les hauteurs du quartier Saint Hilaire, en Ford K pour le moment. Dépasser le cimetière, la décharge, chemin qui monte, un peu défoncé. Et puis il a bien fallu poser la voiture.

Début de la rando par une pente raide, qui n’en finit pas. De toute manière, une ascension, en principe, ça monte. Et là ça monte, ça monte, ça monte. Par chance, le soleil ne tape pas trop, enfin c’est ce que je crois. Nous croisons des sportifs (ou des fous, c’est selon) qui redescendent en petites foulées et nous disent que la première antenne est environ au kilomètre 9,5 et qu’à partir de là, il reste deux petits kilomètres pour atteindre le sommet. Nous en étions à 6 km. à peu près. Tous les 500 mètres un petit panneau indiquant la distance parcourue nous encourageait à atteindre le sommet. Par contre, se faire doubler par des jeeps dans un nuage de poussière nous a plutôt ralenti!

Raphaël a escaladé un arbre bizarre et, déformation professionnelle, a imaginé quel beau placage pouvait se cacher dans ces excroissances!

P1150350Dès le kilomètre 8 -j’avais déjà transpiré toute l’eau de mon corps- la vue commence à être intéressante: d’un côté la vallée de la Punaruu et le plateau des orangers (peut-être la destination d’une prochaine rando?)

P1150353de l’autre, la rade de Papeete (pas de photo car il faisait gris et on ne distinguait pas grand chose). Un peu plus loin, nous récoltons quelques framboises. Je vous avouerai que si je n’avais pas vu une famille tahitienne en manger devant moi, je n’aurai peut-être pas tenté. Petite déception, elles ont très peu de goût et sont à peine sucrées.

P1150400Un peu écarlate aux deux tiers de la montée!

P1150360Alors que Raphaël est encore tout frais

P1150355Le chemin se poursuit, toujours aussi verdoyant. Pourtant, la végétation a changé, nous avons pris de l’altitude et ce ne sont pas les mêmes plantes que celles que nous pouvons voir en fond de vallée.

P1150385Après trois heures de marche (10 km parcourus, sur 950 m. de dénivelé), nous atteignons enfin le sommet du Mont Marau. La vue est superbe. Je suis fourbue et Raphaël un peu essoufflé. J’ai même l’impression que de nouveaux muscles ont poussé dans les cuisses, ça tiraille aussi pour lui.

P1150377La balade pourrait encore continuer, un monsieur -monté en 4×4- nous dit qu’en trois heures aller-retour, on peut atteindre le Diadème (pic derrière moi sur la prochaine photo). Pourtant il paraît si près, j’aurai dit 20 minutes à la louche! Ce sera pour une prochaine fois, il nous reste encore à déjeuner et à redescendre tout ça!

P1150372Un sandwich et quelques grignotages plus tard (on avait craqué sur des tranches d’andouille qui nous ont coûté un bras!), nous attaquons la descente. Pas si facile que ça en a l’air: les orteils tapent sur le bout de la chaussure tellement c’est pentu, j’ai les jambes raides comme des verres de lampes et je me fais piéger par un soleil que je croyais bien caché derrière les nuages. Les 10 km. à redescendre seront à peine plus rapides que la montée: deux heures et demi (mais je me suis arrêtée tous les 20 m. pour prendre des photos!)

Un petite fleur perdue sur la montagne:

P1150391De là, on distinguait un peu Papeete tout au bout du morceau de terre mais j’ai préféré me focaliser sur les arbres fleuris de rouge, noyés dans la masse verte ou, la version naturelle d’un Corot:

P1150416Sur la plupart de mes photos, Raphaël est de dos. En même temps, c’est lui qui m’entraîne et me donne un rythme sans lequel je n’atteindrais pas de sommet!

P1150408Partis à 9h30, rentrés vers 16h, j’étais complètement cassée. Mais ravie. Le truc que je n’ai pas bien géré c’est que j’ai fait un genre d’insolation post-exposition au soleil. Nous n’avions sûrement pas assez bu et j’avais oublié mon beau chapeau du Vietnam. Résultat: une nuit de fièvre avec un mal de tête carabiné et clouée au lit toute la matinée, complètement déshydratée. Ne vous inquiétez pas, je me suis soignée, à coup de douches et de litres d’eau engloutis avidement et le lendemain après-midi, j’émergeais doucement.